Réussir malgré les tensions.
L’été est traditionnellement un temps de bilan, de transition et de préparation. Cette année encore, il nous laisse un sentiment partagé : la satisfaction d’avoir accompagné nos apprentis vers la réussite, mais aussi la conscience des tensions qui affectent l’organisation de nos formations et, plus largement, le modèle de l’apprentissage.
La fin de l’année scolaire a été particulièrement positive au regard des résultats aux examens. Ces réussites saluent avant tout le travail, l’engagement et la persévérance de nos apprentis. Elles reflètent également l’investissement quotidien de nos équipes pédagogiques, administratives et techniques, ainsi que la mobilisation des entreprises qui accompagnent les jeunes tout au long de leur parcours professionnel.
À toutes et à tous, j’adresse mes félicitations et mes remerciements. Ces résultats donnent tout son sens à notre mission et témoignent de la qualité du travail conduit au sein de notre établissement.
La période des examens a cependant été particulièrement exigeante en raison de la canicule. Il nous a fallu préserver les meilleures conditions possibles pour les candidats, déjà soumis à la pression des épreuves. Des mesures ont été prises pour garantir de bonnes conditions aux candidats, aux jurys et aux personnels, notamment grâce à la ventilation, la climatisation, l’hydratation et au confort. Ces circonstances soulignent l’importance de l’environnement dans la réussite aux examens.
Le mois d’août a ouvert sur la préparation de la rentrée et le retour des apprentis poursuivants. Nous abordons cette nouvelle étape avec détermination, mais aussi avec une inquiétude légitime face au désengagement progressif de l’État dans le financement de l’apprentissage. Les évolutions annoncées ou déjà engagées fragilisent l’équilibre économique des CFA, notamment lorsque les coûts réels de formation, d’accompagnement des jeunes, d’équipement des plateaux techniques et de maintien d’une offre de proximité ne sont plus suffisamment couverts.
Nos partenaires et nos administrateurs, parmi lesquels le GMI, ImpriFrance, l’IPC, l’UNIIC et la FNADIR portent avec détermination ce plaidoyer auprès des pouvoirs publics. Leur message est clair : l’apprentissage ne peut être réduit à une variable budgétaire. Il constitue un investissement essentiel pour l’avenir des jeunes, la transmission des savoir-faire, l’emploi et la compétitivité de nos entreprises.
Cette réalité est particulièrement forte dans les filières industrielles et graphiques, qui ont besoin de compétences qualifiées, actualisées et immédiatement opérationnelles. Elle implique plusieurs exigences : un financement stable, lisible et adapté aux coûts réels de formation ; la préservation d’un accompagnement individualisé pour les apprentis ; le soutien aux investissements indispensables dans les équipements, les technologies et la transition écologique ; ainsi que la reconnaissance de la spécificité des métiers en tension, des formations techniques et des établissements qui assurent une présence territoriale essentielle.
Pour notre CFA, l’enjeu est très concret. Derrière les mécanismes de financement se trouvent des moyens humains, des projets pédagogiques, des équipements professionnels, des parcours d’insertion et les perspectives offertes aux jeunes que nous accompagnons.
Aux côtés de nos branches professionnelles, de nos entreprises partenaires, de nos administrateurs et d’Ambition Graphique nous continuerons donc à défendre un apprentissage ambitieux, exigeant et accessible.
À l’heure de refermer cette séquence estivale, retenons la dynamique positive : la réussite de nos apprentis, la mobilisation de nos équipes et la solidité de nos partenariats. Cette énergie collective sera indispensable pour aborder la rentrée avec confiance, lucidité et ambition.
Certaines batailles ne sont pas choisies par goût de l’affrontement. Elles s’imposent parce qu’y renoncer reviendrait à renoncer à l’essentiel : l’avenir des jeunes, la transmission de nos métiers et la vitalité de nos territoires.
John Podlesnik, Directeur
